Les idéologies réactionnaires des classes dominantes contre les progrès du développement humain, permanence du combat pour le matérialisme
Pour exercer et perpétuer sa domination, mener son offensive, la bourgeoisie ne se contente pas d’exercer sa pression sociale, économique, son chantage permanent, elle fait de la politique pour entretenir le mensonge de la légitimité de son pouvoir.
Les classes dominantes ont toujours cherché à dominer les esprits et les consciences avec des constructions idéologiques reflétant leurs propres préjugés sociaux, leurs illusions sur elles-mêmes comme leur mépris des classes populaires, en s’appuyant sur des morales archaïques, rétrogrades, qui en appellent au respect de Dieu, de l’ordre établi, du pouvoir des riches et des puissants.
Quelle que soit la forme qu’elles prennent, quels que soient le Dieu, la Nation ou les principes dont elles se revendiquent, ces idéologies ont toutes le même fond réactionnaire, car elles masquent la réalité sociale des rapports d’exploitation, enracinent dans les esprits le mensonge du caractère éternel, figé, incontestable de l’ordre établi et s’efforcent de retourner la révolte des classes exploitées contre elles-mêmes en les divisant, les dressant les unes contre les autres au nom de la religion, du nationalisme, du racisme.
Une orientation pour construire le NPA et œuvrer au rassemblement des anticapitalistes et révolutionnaires
L'échec des mobilisations contre les ordonnances après celui du mouvement du printemps 2016 donne à la discussion sur la nécessité d'un parti représentant les intérêts du monde du travail une acuité nouvelle. Elle sera au centre des discussions préparatoires au congrès du NPA qui viennent de s'ouvrir.
Les membres du Conseil politique national (CPN) du NPA de la Fraction l’Étincelle et de notre courant Démocratie révolutionnaire ont initié une plate-forme autour d'un texte intitulé « Une orientation pour relancer la construction du NPA dans la classe ouvrière et la jeunesse » (disponible sur le site du NPA). Elle s'adresse et est ouverte à tous les membres du NPA qui en partagent les préoccupations. Nous ne cherchons pas à constituer une majorité par un accord de congrès. Nous ne prétendons pas non plus porter une analyse globale des bouleversements en cours dans le monde aujourd'hui. Elaborer une compréhension de ces bouleversements dans le cadre d'une stratégie révolutionnaire est une nécessité, une urgence pour sortir des schémas tout faits stérilisants ou des proclamations. Cela aurait dû se faire à travers une discussion sur le programme et la stratégie décidée par le dernier congrès, discussion que nous souhaitions et que nous essayons de porter. Malheureusement ce travail indispensable est resté en friche.
Notre ambition est, en conséquence, plus modeste ou plutôt réaliste et lucide. Nous souhaitons œuvrer à définir une orientation qui aide nos camarades, les comités à recentrer nos activités sur nos tâches de construction sur les lieux de travail, dans la jeunesse. Et cela en partant des acquis de ce qui est déjà fait dans ce domaine et de la campagne présidentielle de Philippe Poutou, le candidat ouvrier.
Derrière la financiarisation de l'économie, la révolution technologique prélude à une révolution sociale...
Le 12 décembre se tenait à Paris le « One Planet Summit » mis en scène par Macron. Chefs d’Etat, « personnalités », patrons de multinationales, « plus grandes fortunes du monde »… tous se sont dits d’accord pour mettre, comme le disait le slogan du sommet, « La finance publique et privée au service de l’action climat »… A traduire bien évidemment par : comment mettre la prétendue « action climat » et la « finance publique » au service de la « finance privée ». Tous ces détenteurs d’immenses fortunes accumulées sur l’exploitation du travail se présentent comme seuls capables, parce qu’ils en auraient les moyens et la volonté, de stopper les « dérives » dont ils sont les seuls responsables. Ou au moins à en alléger les conséquences sur les populations, tel Bill Gates qui veut investir 300 millions de dollars pour « aider les fermiers pauvres à s’adapter aux changements climatiques »…
Personne ne peut croire à de telles fables. L’explosion des profits et de la finance s’accompagne dans tous les domaines de reculs sociaux, de menaces grandissantes dans les secteurs financiers, militaires, environnementaux. L’humanité dispose aujourd’hui des moyens de stopper la course à la catastrophe climatique et d’en finir avec la misère terrible qui frappe des populations entières tout en garantissant le renouvellement des ressources. Mais dans le cadre du capitalisme, ces progrès se transforment en leur contraire, chômage pour des masses toujours plus importantes de travailleurs, précarité et surexploitation pour les autres. Des populations entières sont soumises à une misère terrible, aux conséquences des guerres, condamnées à chercher leur survie dans l’émigration. Non par manque d’ « investissements » ou de « volonté » : les progrès sociaux contenus en puissance dans les progrès techniques se transforment en régression sociale et menaces de toute sorte parce qu’ils sont assujettis à la perspective de profit qu’ils représentent pour ceux qui détiennent l’essentiel des richesses du monde, le contrôle de l’économie et des Etats. La maladie qui frappe le système capitaliste, c’est la propriété privée des moyens de production et d’échange.
Une nouvelle séquence commence...
La journée d'action du 16 novembre contre les ordonnances et les nouvelles attaques annoncées par Macron en particulier contre la jeunesse scolarisée marque la fin d'une première étape de la mobilisation contre ce gouvernement et ses commanditaires, les grands patrons et les riches.
La fin d'une étape, la perte d'une bataille ne signifie pas avoir perdu la guerre, même si Macron peut penser avoir les mains libres pour poursuivre son offensive contre le monde du travail. Ce n'était qu'un début, mais pour préparer l'étape d'après il est nécessaire de tirer les leçons et les conclusions qui s'imposent, de les tirer collectivement à travers les discussions avec les collègues, dans nos syndicats, avec les militants les plus engagés dans la lutte, les plus combatifs. Sortir de l'impasse dans laquelle les directions syndicales ont conduit la mobilisation ne peut se faire par l'incantation à l'unité ou à la grève générale. Cela nécessite de combattre la collaboration de classe permanente dans laquelle sont engagées les directions des confédérations syndicales à travers le dialogue social pour mener une politique n’ayant d’autre objectif que la défense des intérêts des travailleurs, des jeunes, des classes populaires.
Cette politique n'est pas écrite, ne peut se résumer à des formules ou à l'activisme volontariste, elle se discute et s'écrit en fonction du niveau de conscience, d'organisation, de mobilisation de la classe ouvrière. Elle est indissociable d’une stratégie de construction d’un parti des travailleurs.
Réchauffement climatique, crise écologique ou l''impérieuse nécessité d'une planification démocratique à l’échelle du monde
En marge de ce non-événement qu’a constitué la COP23, un appel signé par 15 000 scientifiques issus de 184 pays, largement repris dans les médias, a lancé une alerte solennelle sur l’état de la planète. Cet appel souligne que depuis 25 ans la situation n’a fait qu’empirer à l’échelle mondiale : réchauffement climatique, montée du niveau des océans, effondrement de la biodiversité, pollution chimique de l’eau douce et des océans, déforestation... Face à l’impuissance des responsables politiques, les signataires en appellent à un sursaut des citoyens mais le fond des mesures proposées relève plus de préjugés voire d’une escroquerie que de la science. « Nous mettons en péril notre avenir en refusant (…) de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales. » peut-on lire dans cet appel et même : « Il est également temps de réexaminer nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction (l’idéal étant de s’en tenir au maximum au niveau de renouvellement de la population) et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources. »
Cela participe du mensonge qui prétend que la crise écologique serait la conséquence d’une croissance démographique, économique et technologique indifférenciée d’une humanité abstraite, en masquant la réalité des rapports d’exploitation, d’oppression, de pillage qu’une minorité impose à la grande majorité de la population. C’est l’éternel retour des raisonnements malthusiens… masquer la responsabilité des classes dominantes en rendant les plus pauvres coupables de leur sort.
Le 16, les travailleurs et les jeunes n’ont pas dit leur dernier mot contre cette société, paradis des riches et des fraudeurs
Vendredi, le 16 novembre, la contestation sociale n'était pas réellement au rendez-vous, ni la jeunesse. Le mécontentement s'est exprimé, malgré les petits jeux tactiques des directions syndicales, dans tout le pays, manifestations, débrayages ont eu lieu mais sans politique ni perspectives. Les manifestants, les militants avaient cependant bien conscience que cette journée n'était pas un simple baroud d'honneur contrairement à ce que prétendent la plupart des médias. Le 16 est bien une étape dans une mobilisation qui en est à ses premiers balbutiements, une étape dont il faut tirer les enseignements pour se dégager du bourbier dans lequel les directions syndicales ont enlisé la lutte et prendre en main les affaires pour mener une politique de classe contre des injustices et une arrogance du fric insupportables.
La lutte contre les violences faites aux femmes, une lutte du monde du travail
Depuis l’affaire Weinstein, il est à la fois encourageant de voir la libération de la parole des femmes, et révoltant de constater ce qu’elle révèle : la profondeur des préjugés machistes dans la société à travers le nombre d’agressions dénoncées, tous les jours, et le silence complice qui les entoure, en plein XXIème siècle ! C’est ce qui explique l’écho rencontré par des initiatives comme MeToo, toutes générations confondues. Les manifestations du 25 novembre revêtiront d’autant plus d’importance cette année partout dans le monde.
Le gouvernement, après avoir par la voix de son ministre Lemaire, hésité à se joindre au concert de dénonciations, tant ces hommes politiques partagent les préjugés les plus primaires contre les femmes, a fini par promettre une loi sur le harcèlement sexuel pour 2018. Macron n’a pas voulu être en reste lui qui, après des semaines de silence, va le 25 novembre faire de la lutte contre les violences faites aux femmes « la grande cause nationale de son quinquennat » ! Il a aussi promis une « police de sécurité du quotidien » dont on ne peut que douter de l’utilité, si ce n’est pour satisfaire démagogiquement les tenants du tout sécuritaire.
Suraccumulation de capital, la purge financière inévitable et nécessaire. Le krach financier ou l’expropriation ?
Le 6 octobre, le FMI par la voix de sa présidente Lagarde, annonçait une reprise de la croissance de l’économie mondiale de 3 % en 2016 à 3,5 % en 2017... Quelques jours avant, Les Echos publiaient un article reprenant un rapport d’analystes de la Deutsche Bank intitulé Les 10 potentielles causes de la prochaine crise financière. Ce n’est qu’apparemment contradictoire tant il est vrai que la croissance capitaliste, c’est-à-dire celle des profits, est le plus court chemin vers… la prochaine crise.
En effet, on lit dans Les Echos : « Le monde commence à peine à se relever de la dernière crise financière que la question du prochain choc est déjà sur la table des économistes.[…] avec la croissance exponentielle de la finance, l’internationalisation des banques... l’économie mondiale est devenue de plus en plus instable, augmentant au passage la fréquence et l’ampleur des crises. Malgré la régulation introduite après 2008, censée rendre le monde plus sûr, et bien que les différentes économies montrent des signes de croissance solide, ce serait un acte de foi énorme d’affirmer que les crises ne constitueront plus un évènement régulier du système financier en place depuis les années 1970 ».
Octobre 17, un tournant historique dans la lutte des travailleurs pour le pouvoir
La révolution d’Octobre a marqué une rupture historique ouvrant une nouvelle période de l’histoire des sociétés humaines. Pour la première fois, après la tentative de la Commune de Paris, la classe ouvrière, entrainant avec elle la paysannerie pauvre, prenait le pouvoir à l’échelle d’un pays.
Sans parler de ces caricatures malveillantes qui ressassent « un coup d’Etat bolchévique, pas une révolution ! » (Le Figaro du 23 octobre), elle est cependant rarement présentée dans cette dimension, en expliquant d’où elle vient et ce qu’elle porte, y compris pour notre époque. Souvent, elle est montrée comme un accident de l’histoire, un enchainement d’événements incontrôlés ou forcés par les bolcheviks. Son sens historique est déformé, caricaturé par la volonté délibérée d’établir une continuité entre elle et la barbarie du régime bureaucratique stalinien, entre Lénine et Staline. Bien des articles, y compris dans la presse anticapitaliste, remontent l’histoire à rebours, affirmant certes que le stalinisme a été une rupture contre-révolutionnaire, mais voulant d'une façon ou d'une autre trouver les germes du stalinisme dans le bolchevisme. Certains remettent en question la réalité du pouvoir des soviets. D’autres cherchent dans telle ou telle décision des bolcheviks « la » bifurcation qui a conduit vers la bureaucratisation. D’autres encore en font un objet du passé sans lien avec la période que nous vivons aujourd’hui.
A l’occasion de ce centenaire, il nous semble plus fécond de chercher à comprendre la place d’Octobre 17 dans l’histoire, la période qui a produit cette révolution, et sa portée profonde pour l’avenir. Elle a mis fin à la guerre, aboli la propriété privée de l’aristocratie terrienne et de la bourgeoisie, brisé l’appareil d’Etat, affirmé la perspective d’une révolution internationale ! Une portée si puissante qu’elle a continué à « ébranler le monde » tout au long du 20ème siècle. Une portée loin d’être épuisée…
De l'état de guerre permanent à la globalisation de la guerre, une troisième guerre mondiale est-elle possible ?
La crise coréenne a refait surgir ces derniers mois l’hypothèse d’une guerre nucléaire. Le 8 août dernier, Trump promettait à la Corée du Nord « le feu et la fureur comme le monde n’en a jamais connu jusque-là » et, du haut même de la tribune des Nations-Unies le 19 septembre, il menaçait de « détruire complètement la Corée du Nord » si le territoire américain ou celui de ses alliés étaient attaqués comme Kim Jong Un, le dictateur de la Corée du Nord, venait d’en agiter la menace après avoir revendiqué la maîtrise de l’arme nucléaire et effectué plusieurs lancements de missiles.
Les provocations et rodomontades de Kim Jong Un, les menaces de Trump de rayer le pays de la carte, leurs agressions verbales réciproques sont révélatrices de la gravité des tensions militaristes entre les deux Etats et laissent imaginer ce qu'il pourrait advenir si ces derniers perdaient la maitrise du bras de fer qu’ils ont engagé. L'hypothèse est loin d'être absurde.
La crise coréenne rappelle que le monde, dont une grande partie, au Moyen-Orient et en Afrique, est déjà ravagée par la guerre, n’est pas à l’abri d’une conflagration dont on ne peut connaître les répercussions en chaîne.



