Un an après le confinement du printemps dernier, la situation dans les hôpitaux est à nouveau critique dans la plupart des régions. Lundi, en Ile-de-France, les admissions en réanimation dépassaient le pic atteint lors de la 2nde vague de novembre. Une semaine avant, l’ARS ordonnait de déprogrammer 40 % des interventions des hôpitaux et cliniques. Les services de réanimation sont saturés, comme le dénonce ce chef de service de Bobigny : « On prend en pleine figure l’impact des décisions gouvernementales et on jongle avec les lits » !

Le scandale des suppressions de postes dans la santé et des fermetures d’hôpitaux de proximité est encore aggravé par l’augmentation des démissions de salarié(e)s qui n’en peuvent plus de cette situation et de ce mépris. Quant aux propos condescendants de Castex, appelant à applaudir les soignants car « ils le méritent encore aujourd’hui »… ils ne font que renforcer leur propre colère contre l’incurie du gouvernement. En un an, on aurait pu former des dizaines de milliers d’aides-soignantes, créer les conditions d’une toute autre prise en charge dans les hôpitaux, les Ehpad…

Il y a 150 ans, la Commune de Paris était proclamée. Pour la première fois de l’Histoire, le prolétariat exerçait directement son pouvoir, pendant 72 jours.

Ils étaient « montés àl’assaut du ciel » pour reprendre l’expression de Karl Marx, montrant qu’il était possible de prendre le pouvoir, trouver une forme d’Etat pour réaliser l’émancipation politique et sociale : « Quand la Commune de Paris prit la direction de la révolution entre ses propres mains ; quand de simples ouvriers, pour la première fois, osèrent toucher au privilège gouvernemental de leurs ‘supérieurs naturels’, les possédants, et, dans des circonstances d'une difficulté sans exemple, accomplirent leur œuvre modestement, consciencieusement et efficacement […] le vieux monde se tordit dans des convulsions de rage à la vue du drapeau rouge, symbole de la République du travail, flottant sur l'Hôtel de Ville ». (Karl Marx, La Guerre civile en France, mai 1871)

Il ne se passe pas un jour sans que le pouvoir et ses alliés, leurs rivaux de droite et d’extrême droite, les médias aux ordres n’égrènent leur chapelet de propagande réactionnaire, cherchant à étouffer sans y réussir la contestation de la politique du gouvernement et de l’ordre social qu’il protège. Les 7, 8 et 9 mars, presque rien n’a transpiré sur les chaînes TV -et peu dans la presse écrite- de la mobilisation des femmes pour leurs droits et contre le patriarcat, de leur grève et de leurs manifestations, plutôt exceptionnelles en pleine journée le 8 mars, un jour de semaine. Sans doute les ministres et le gratin de la prétendue élite intellectuelle, directement incriminés comme Darmanin accusé de viol et Duhamel d’inceste, ou simplement soutiens par défaut d’un ordre machiste et sexiste qui juge normal par exemple que dans les grandes écoles, type HEC, EDHEC ou ESSEC on élise la « pute du mois » ou la « salope de la promo », craignent-ils d’être atteints à leur tour par de nouvelles révélations et usent de leur pouvoir pour tenter de faire taire la contestation et la révolte.

La pandémie qui s’est répandue sur la planète révèle l’incurie des classes dominantes et des États qui les servent tant sur le plan sanitaire que sur le plan social ou démocratique. La propriété privée, la concurrence et les lois du marché, la course à la rentabilité financière, la domination de l’économie par des intérêts privés et les spéculations financières rendent impossible toute politique au service des intérêts et besoins collectifs.

La contradiction entre les progrès scientifiques et techniques et le capital financier se manifeste avec violence contre toute la société qu’elle entraîne dans une régression globale.

Marx écrivait en 1859 dans la préface de la Critique de l’économie politique : « Aun certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale.[1]»

Alors que la situation sanitaire ne cesse d’empirer avec la diffusion rapide de nouveaux variants, le gouvernement est incapable de maîtriser l’épidémie. Il ne sait que multiplier les mesures contraignantes contre les populations des régions les plus touchées. Au couvre-feu à 18 heures appliqué dans tout le pays, aux confinements locaux comme à Nice, Castex a annoncé jeudi dernier une nouvelle série de mesures concernant une liste de « départements à risque » qui ne cesse de s’allonger… confinements les week-ends comme dans le département du Pas-de-Calais, extension du port du masque, fermeture de magasins mais aussi possibilité pour les préfets d’interdire toute manifestation au nom du risque sanitaire…

Il semble que le plus important soit donc de rester enfermé pendant les heures de repos ou de loisirs… pour que leur « monde d’avant », c’est-à-dire la machine à profit puisse continuer à tourner, même si tout est bousculé !

« Je veux me battre partout où il y a de la vie » expliquait la militante féministe allemande, socialiste et communiste, Clara Zetkin [1] qui avait appelé à une journée internationale pour les droits des femmes lors de la Conférence internationale des femmes socialistes, en 1910 à Copenhague. Une journée de lutte que le gouvernement issu de la révolution russe sera le premier à officialiser le 8 mars 1921, il y a exactement 100 ans, en l’honneur des ouvrières de Petrograd qui s’étaient soulevées le 8 mars 1917, premier jour de la révolution russe.

Clara Zetkin a contribué, aux côtés de Rosa Luxembourg et d’Alexandra Kollontaï, à faire de la lutte pour ces droits un combat international et universel, de classe, partie intégrante de la lutte pour l’émancipation humaine, pour le renversement du capitalisme.

Devant le déferlement hystérique contre les supposés « islamo-gauchistes », il prend l’envie de scander : « Nous sommes tous des « islamo-gauchistes » ! » à l’instar de celles et ceux qui scandaient en Mai 68 « Nous sommes tous des juifs allemands ! » en solidarité avec Cohn-Bendit, alors leader de la contestation étudiante, qualifié ainsi par le torchon d’extrême-droite Minute et Jean Marie Le Pen.

La campagne du pouvoir et des deux zélés ministres de l’enseignement, Blanquer et Vidal, vise à déconsidérer voire à préparer des poursuites judiciaires contre toutes celles et ceux qui ne se plieraient pas à leur loi « séparatiste ». Elle s’inscrit dans une offensive idéologique des forces réactionnaires, xénophobes et racistes, contre « l’ensemble des radicalités qui traversent notre société » selon la formule de Frédérique Vidal dans les colonnes du Journal du dimanche.

Les résultats des élections du 14 février au Parlement de Catalogne ont été éclipsés, dès le mardi 16, par une flambée de manifestations de la jeunesse dans plusieurs villes d’Espagne, dont Madrid, et surtout Barcelone où elles se sont poursuivies pendant plus d’une semaine. Des milliers de jeunes sont descendus dans la rue et se sont affrontés à la police en réponse à l’arrestation d’un rappeur, Pablo Hasèl, condamné à neuf mois de prison pour avoir, dans ses tweets et ses chansons, fait prétendument l’« apologie du terrorisme » et « injure à la Couronne ».

A Barcelone, où la répression est menée par la police du gouvernement « indépendantiste », plus de 120 personnes ont été interpellées en quelques jours, dont 12 ce samedi, où la manifestation s’est une nouvelle fois terminée par de violents affrontements. Et peu importe que les jeunes qui manifestent pour la libération du rappeur et la liberté d’expression le fassent aussi pour celle des 9 indépendantistes, membres des partis au pouvoir en Catalogne emprisonnés pour sédition suite aux évènements de 2017 !

Mardi dernier, le jour même où les députés votaient à une écrasante majorité sa loi sur les « principes de la République », Macron annonçait à l'issue du sommet du G5 Sahel le maintien des 5100 soldats français de l'opération Barkhane en Afrique. Ainsi sont orchestrés, au nom de la lutte contre le terrorisme, les deux volets d’une même offensive, contre les travailleurs et les peuples. En faisant discuter et approuver ses lois liberticides et discriminatoires à l’égard des musulmans, en cherchant à faire taire toute opinion contestataire en la qualifiant d’islamo-gauchiste, le gouvernement cherche à semer dans l’opinion publique le poison raciste de la division et de la délation. Il crée un climat d’hystérie réactionnaire propice aux apprentis fascisants comme ce professeur de philosophie à Trappes qui a accusé sa ville d’être gangrenée par l’islamisme et a reçu le soutien de toute l’opinion réactionnaire dont celui de Blanquer.

Les classes dirigeantes retournent les conséquences de leur politique militariste et guerrière au service des multinationales, terreau du terrorisme, contre les travailleurs et la population.

Au final, la mascarade du coup de force du 6 janvier se termine en faveur de Trump que le Sénat a absout de l’avoir bafoué et ridiculisé. Son procès pour « incitation à l'insurrection » a accouché d’un acquittement bien qu’une majorité de 57 voix contre 43 se soit prononcée pour une condamnation. 7 Républicains se sont retournés contre leur boss mais il en aurait fallu 17 pour obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour qu’il puisse être condamné. Les institutions sont faites pour éviter tout excès démocratique !

Biden qui avait pris soin de garder ses distances, soucieux de préserver le dialogue avec les Républicains, s’est félicité avec beaucoup de retenue, « Même si le vote final n'a pas abouti à une condamnation, le fond de l'accusation n'est pas contesté ». Elle était difficilement contestable et n’a pas été réellement contestée. Les appels de Trump étaient sans ambiguïté depuis ses mises en garde répétées pendant des mois sur la volonté des Démocrates de lui voler sa victoire puis ses encouragements à ses troupes à « se battre comme des diables » et enfin son discours, alors que les deux chambres du Congrès se réunissaient afin de certifier l’élection de Biden, qui invitait ses supporters à manifester au Capitole : « Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts ! ».

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