Un débat s’est engagé entre Lutte ouvrière et Révolution Permanente sur « la politique des révolutionnaires face à la guerre coloniale en Palestine » qui a déjà fait l’objet de plusieurs articles. La discussion sur le contenu que les révolutionnaires internationalistes donnent à leur solidarité inconditionnelle avec le peuple palestinien est importante, tant de par la place que prend la guerre génocidaire d’Israël, le rôle prépondérant qu’y jouent les USA dans le cadre plus global des relations internationales, la nature bourgeoise rétrograde et obscurantiste du Hamas, que de par la campagne réactionnaire accusant d’antisémitisme celles et ceux qui soutiennent le peuple palestinien. Nous ne pouvons que nous féliciter qu’elle soit engagée entre les deux organisations.

Après des semaines de comédie parlementaire au cours de laquelle le NFP annonçait la victoire d’un budget « NFP-compatible », le vote de l’Assemblée nationale a eu lieu cette semaine : 192 voix pour et 362 contre… Quoi d’étonnant que ce consensus de l’ensemble du bloc réactionnaire, de Renaissance, de LR, du RN, pour subventionner les patrons et dénoncer les impôts quand il s’agit de faire payer les plus riches !

C’est le sens même de ce budget, une politique d’austérité brutale pour continuer d’arroser le patronat d’argent public. Les entreprises ont récupéré 175 milliards de subventions et d’exonérations en 2022, contre 9,4 milliards en 1979. En prenant en compte les « dépenses fiscales déclassées », c’est-à-dire les cadeaux fiscaux de ces dernières années, on atteint même les 228 milliards !

Les 9 et 10 novembre, Poutine recevait une cinquantaine de hauts dirigeants africains pour renforcer leurs liens avec la Russie, en dénonçant « le néocolonialisme » de l’Occident.

La semaine précédente, Macron tentait de convaincre le roi du Maroc d’établir un « nouveau cadre stratégique » avec la France, pour que le Maroc soit le « premier pays hors de l’Union européenne [avec lequel] nous nous engagerions ensemble aussi intensément ».

Au final « America first » version Trump l’a largement emporté le 5 novembre, dans une élection qui, comme aucune autre, a pris la dimension d’un fait politique international, accueillie aux USA par la hausse des marchés financiers. Le Sénat passe entre les mains des Républicains qui auront probablement aussi la majorité dans la Chambre des représentants alors que la Cour Suprême est dominée par des juges conservateurs. Le parti Républicain devenu la machine de Trump et de son conseiller Musk concentre tous les pouvoirs.

Et Kamala Harris, Biden s’empressent pour le féliciter et assurer un transfert « pacifique » des pouvoirs à celui qui tentait, il y a 4 ans, un coup d’État pour contester l’élection de son rival et annonce aujourd’hui vouloir faire la chasse à « l’ennemi intérieur ».

Cette élection franchit une étape dans la banalisation du racisme et de la xénophobie comme politique d’État, de la guerre contre les migrants, du mépris des femmes, du masculinisme et de la violence contre « l’ennemi intérieur », c’est-à-dire les prolétaires quelle que soit leur origine, de la guerre comme instrument de politique étrangère et arme économique.

La victoire de Trump est certes avant tout l’effondrement de Kamala Harris. Devancée de cinq millions de voix avec 47 % contre 51 % des voix, elle a récolté bien moins de voix que Biden en 2020 alors que Trump retrouve en mieux son niveau de 2020. Une large fraction du monde du travail, des femmes, de la jeunesse s’est détournée des Démocrates dans l’abstention.

Trump est le produit de la politique de Biden mais il est aussi et surtout le produit de la crise de la première puissance mondiale minée par les contradictions exacerbées d’un capitalisme à bout de souffle.

Mercredi 23 octobre, Gisèle Pélicot revenait à la barre du tribunal d’Avignon où son ex-époux est jugé pour l’avoir, pendant plus de dix ans, violée par soumission chimique et fait violer par des dizaines d’hommes, dont cinquante d’entre eux comparaissent avec lui sur le banc des accusés. Comme chaque jour d’audience, elle est entrée au tribunal tête haute pour toutes les femmes, pour que la honte change de camp parce que « la honte, ce n’est pas à nous de l’avoir, c’est à eux. », accompagnée par des vagues d’applaudissements, de « merci Gisèle ! » clamés par des femmes qui saluent son courage qui les rend plus fortes. Elle se déclare elle-même « une femme totalement détruite qui tient parce que j’ai tous ces hommes et ces femmes derrière moi. », portée par la fière volonté de faire en sorte que « toutes les femmes victimes de viol puissent se dire : Mme Pelicot l’a fait, on pourra le faire ».

Le Parlement est depuis le 21 novembre le théâtre des travaux de la commission des finances sur le projet de budget 2025 de Macron-Barnier. Ce projet vise à réduire de 60 milliards d’euros le déficit budgétaire grâce à 20 milliards de « hausse des recettes » (16,6 venant des entreprises et 5,7 des particuliers) et à 40 milliards de « moindres dépenses » -pour ne pas dire nouvelles attaques contre les services publics, la santé, l’éducation…-, (- 21,5 milliards sur le budget de l’Etat, - 14,8 milliards sur la protection sociale, - 5 milliards sur les collectivités locales). Il s’agirait de stopper la dérive du déficit qui « si rien n’était fait », atteindrait 6,9 % en 2025. « L’effort » de 60 milliards le ramènerait à 5 % pour viser, « l’effort » se poursuivant, 3 % en 2029…

María Corina Machado, représentante de la bourgeoisie huppée d’extrême droite, alliée de Trump et de Milei, et son candidat à la Présidence Edmundo González Urrutia, ont reçu ce prix décerné par l’Union européenne en octobre dernier, et ont été promus modèles de la liberté !

Les USA, eux, sont cependant plus réservés, Maduro et son régime dictatorial étant devenus à nouveau de grands pourvoyeurs de pétrole pour les compagnies américaines suite à la guerre en Ukraine. A la différence de 2019, quand un candidat de droite extrême, Guaidó, avait été adoubé par le « monde libre » contre Maduro (et reconnu Président par intérim alors qu’il s’était autoproclamé), aujourd’hui, les Etats-Unis ne soutiennent pas aussi clairement le candidat opposé à Maduro.

Les élections américaines du 5 novembre suscitent bien des illusions, de faux espoirs en réponse à des craintes bien fondées qui ne dépendent pas de qui sera sélectionné mais bien de la folle logique de domination à laquelle obéit la politique de la première puissance mondiale sous la dictature de Wall Street et du Pentagone pour tenter de perpétuer leur hégémonie mondiale face à leur propre déclin et à celui du capitalisme.

Il serait tout à fait illusoire de croire que le résultat qui sortira de la machine électorale corrompue par le fric et manipulée par les deux partis qui gardent les moyens d’exclure du droit de vote une fraction de la population la plus pauvre pourrait changer le cours des choses. La politique américaine intérieure ou internationale est dominée et déterminée par l’exacerbation de la concurrence économique conséquence de la dépression mondiale, la crise de la dette qui subventionne les profits de Wall Street, les dépenses militaires liées aux guerres par procuration que mènent les USA tant au Moyen-Orient qu’en Ukraine ou la guerre commerciale et les tensions militaires avec la Chine ainsi qu’au renforcement de la présence américaine sur l’ensemble du globe.

Le budget 2025 de Barnier est en discussion à l’Assemblée et fait se lever un vent de contestation toute parlementaire, un budget choc, 60 milliards d’économies soit 20 milliards de coupes dans les dépenses de l’État, près de 15 pour celles de la Sécurité sociale, 5 milliards pour celles des collectivités locales. Le gouvernement aggrave la ruine des services publics et s’attaque directement aux salariés, baisse du remboursement de la consultation médicale pour 1,5 milliard, coup de rabot sur les indemnités journalières, gel des pensions de retraite pendant six mois, pour près de 4 milliards d’économies, suppression de 4 000 postes d’enseignants… Et il poursuit sa politique en faveur du capital qu’il égratigne à peine, pas plus que les plus riches.  

La commission des finances a décidé de pérenniser la surtaxe prévue sur les ultra-riches censée rapporter 2 milliards, une goutte d’eau. L’année dernière, les entreprises du CAC 40 ont versé 70 milliards de dividendes.

La dissolution et les élections législatives ont permis aux appareils de relancer la machine à illusions sur les institutions en prétendant stopper la montée de l’extrême-droite sur le terrain des élections et du Parlement.

Pris de panique, les partis de la gauche institutionnelle qui s’insultaient encore la veille ont dû créer cet attelage du Nouveau Front Populaire. La plupart des directions syndicales, en particulier la CGT, ont emboîté le pas en appelant à voter dès le 1er tour pour le NFP, au travers d’une campagne centrée sur le mythe de 36, l’unité de la gauche qui a brisé le fascisme… Oubliant le rôle du Front Populaire qui fit tout pour canaliser la grève avant de la réprimer et d’empêcher les dernières possibilités de s’opposer à la marche à la guerre !

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