« Produire et protéger », les deux mots d’ordre d’Attal aux agriculteurs cette semaine s’adressaient aux gros producteurs et à la FNSEA qui s’est empressée de le remercier « pour son écoute ». Avec les Jeunes Agriculteurs, elle a salué des « avancées tangibles » et appelé à « suspendre les blocages » et à « rentrer à la ferme ».

Les dernières mesures annoncées, « souveraineté alimentaire » inscrite dans la loi, saupoudrage de mesures pour alléger la charge financière et administrative, enfumage sur les normes phytosanitaires et environnementales, dans la continuité des premières annonces, ignorent et méprisent la revendication essentielle des petits agriculteurs avancée par la Confédération paysanne, la garantie d’un revenu digne, et servent la soupe aux plus gros.

Tout comme ce gouvernement ignore et méprise les revendications des enseignants et des personnels de l’éducation dont le revenu et les conditions de travail étaient au cœur de la journée de grève du 1er février, et dont la ministre symbolise la « caste » des privilégiés dont le parasitisme, les privilèges et l’incompétence sont la plaie de cette société. 

Il nous a semblé utile de republier un article écrit pour le n°78 (juillet 2016) de la revue L’Anticapitaliste à l’occasion du centenaire de la publication de la brochure « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme »[1] écrite par Lénine au printemps 1916 à Zurich dans la clandestinité alors que la première guerre mondiale, guerre impérialiste, dressait « les fous d’Europe », selon la formule de Trotsky, les uns contre les autres. En effet, cet article discute de l’évolution du capitalisme après son stade impérialiste bousculé par les luttes de libération nationale, l’effondrement de l’URSS - premier état ouvrier né précisément de l’exacerbation des contradictions du capitalisme -, sous la pression de l’offensive libérale et impérialiste des années Reagan-Thatcher, la phase de développement que le capitalisme a connue avec la mondialisation financière et le développement et l’intégration au marché mondial des anciens pays coloniaux. Cette discussion est décisive pour le mouvement ouvrier et n’a pas beaucoup évolué, voire se fige avec la guerre d’Ukraine. C’est à partir de la compréhension de cette phase de la mondialisation, de la formation du capitalisme financiarisé mondialisé et de sa crise permanente accélérée par la grande récession de 2008-2009 que l’on peut discuter d’une stratégie pour le mouvement révolutionnaire. Pour nous, cela veut dire deux choses, ne pas répéter mécaniquement les formules « impérialiste » et « anti-impérialisme » et se réapproprier la méthode matérialiste et historique de Lénine, le marxisme.

Texte de discussion dans le cadre du NPA

Dérive réactionnaire et offensive capitaliste contre les travailleurs et les classes populaires 

La décomposition politique et la dérive réactionnaire qui pavent le terrain à l’extrême-droite trouvent leur source dans l’explosion des contradictions de classe, le pourrissement du capitalisme. Les superprofits et les dividendes records exigent l’appauvrissement continu des classes populaires et des travailleur.es.

La dette publique a dépassé les 3 000 milliards € (111,7 % du PIB) assurant aux banques 51,7 milliards € d’intérêts en 2023, prélevés dans les caisses publiques alors que les hôpitaux eux-mêmes surendettés et l’ensemble des services publics manquent du minimum !

La révolte des agriculteurs a gagné tout le pays, dans la foulée des mouvements qui ont secoué l’Europe, de l’Allemagne aux Pays-Bas et à la Roumanie, en passant par la Pologne. Parti de la base, le mouvement a rapidement gagné toutes les régions, tracteurs et engins agricoles bloquant les autoroutes, envahissant des centres ville ou des parkings de grandes surfaces. Excédés, les agriculteurs revendiquent d’être payés pour leur travail et de pouvoir en vivre dignement. Ils dénoncent une politique qui sacrifie leur vie à la défense des industriels de l’agro-business et de la grande distribution, fondée sur la compétitivité et la rentabilité financière, donnant tout son sens au slogan des Jeunes agriculteurs qui ces dernières semaines ont retourné les panneaux à l’entrée des villages, « On marche sur la tête ».

Tous les agriculteurs ne subissent pas de la même façon la mainmise du capital, des banques et de l’agrobusiness qui se déploient depuis trente ans et ont ruiné de nombreuses petites exploitations mais la dégradation des conditions de vie, de travail, est générale. Sur 400 000 paysans, un quart gagne moins de 1000 € par mois et pour la moitié autour de 2000 €.

« Lénine n’est plus, mais nous avons le léninisme. Ce qu’il y avait d’immortel dans Lénine, son enseignement, son travail, sa méthode, son exemple vit en nous, dans ce Parti qu’il a créé, dans ce premier des Etats ouvriers, à la tête duquel il s’est trouvé et qu’il a dirigé.

Nos cœurs sont frappés, en ce moment, d’une si profonde affliction parce que, tous, nous sommes les contemporains de Lénine, nous avons travaillé à côté de lui, nous avons étudié à son école. Notre Parti, c’est le léninisme en action ; notre Parti, c’est le chef collectif des travailleurs. En chacun de nous vit une parcelle de Lénine, ce qui constitue le meilleur de chacun de nous. »[1].

Ces mots prononcés par Trotsky en Gare de Tiflis, le 22 janvier 1924, au lendemain de la mort de Lénine, loin de participer au culte de la personnalité qui étouffa et liquida la pensée du « chef collectif des travailleurs » sous la pression de la dictature de la bureaucratie, donnent une mesure du génie auquel Trotsky a consacré son Lénine dans lequel est reproduit ce discours et les conditions historiques dont Lénine s’est nourri.

Toute la semaine, Macron a multiplié les apparitions pour tenter de donner du crédit à la fable du « nouveau souffle » de ce gouvernement Attal, après le vote de la loi immigration qui ouvre la voie au RN.

Cette agitation ne peut masquer le fait que sa majorité relative est explosée, alors que près d’un quart des députés Renaissance ont voté contre ou se sont abstenus sur cette loi. Quant aux nominations au gouvernement, de Rachida Dati mise en examen pour corruption à Vautrin militante de la manif pour tous en passant par Oudéa-Castéra et ses accointances avec le très catholique collège Stanislas, elles accentuent la crise du parti présidentiel dans une fuite en avant réactionnaire.

Jeudi dernier, le général américain Christopher Cavoli, chef d’état-major suprême des forces de l’Alliance en Europe, annonçait les plus grandes manœuvres de l’Otan « depuis des décennies ». L’exercice baptisé « Défense inébranlable » fera intervenir pendant plusieurs mois 90 000 soldats, 1100 véhicules de combat, 80 avions et 50 navires « contre un adversaire de taille comparable », à savoir, sans la nommer, la Russie.

Le dimanche précédent, le quotidien allemand « Bild » avait publié une note classée « secret-défense » de l'armée allemande, qui imagine entre autres scénarios celui d’une escalade militaire provoquée par une Russie victorieuse de l’Ukraine et conduisant dans l’année 2025 à un affrontement direct entre l’Otan et celle-ci. Une hypothèse sans fondement qui ne vise qu’à accréditer la seule responsabilité de Poutine dans la guerre actuelle pour justifier de nouveaux plans dans l’offensive militaire de l’Otan.

Le Forum économique mondial de Davos qui vient de s’achever s’est tenu cette année sur fond d’inquiétude des maîtres du monde sur la situation mondiale dont la crise globale ne cesse de s’approfondir et perturbe leurs affaires. L’intitulé de ce forum, « Restaurer la confiance » témoigne de cette inquiétude, tout comme celui de son rapport introductif, « Rapport sur les risques mondiaux », qui constate dès son introduction -grand scoop !- que Davos se tient cette année « dans un contexte d’accélération des changements technologiques et d’incertitude économique, alors que le monde est en proie à un duo de crises dangereuses : le climat et les conflits ».

Macron a donc choisi Gabriel Attal pour son entreprise de « réarmement », le jeune loup aux dents longues héraut de l’interdiction de l’abaya, chargé de rivaliser avec le RN à cinq mois des Européennes. Sur les 14 ministres annoncés, 8 sont issus de l’UMP dont, au Travail et à la Santé, Catherine Vautrin, ancienne ministre de Chirac, opposée au mariage pour tous et à la PMA, désormais numéro 3 du gouvernement. Avec aussi, dans ce paquet réactionnaire, la désormais connue Amélie Oudéa-Castéra (Renaissance) à l’Education, faisant pour sa première sortie la promotion du lycée privé réactionnaire, homophobe et sexiste de ses enfants.

« Je ne conçois pas de société sans ordre et sans règles » expliquait Attal aux côtés de Darmanin qui promettait de « finir le travail » de la loi immigration sur laquelle le conseil constitutionnel doit se prononcer le 25 janvier.

Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, vient de terminer sa quatrième tournée au Moyen-Orient depuis le début de la guerre. De la Turquie à l’Égypte en passant par les Émirats arabes unis, Israël et l’Arabie saoudite, il voulait, selon la propagande officielle, convaincre Netanyahou de prendre en compte la « tragédie » des civils, de faire le moins de victimes possible parmi eux et d’éviter l’élargissement du conflit qui pourrait « aisément se métastaser » dit-il. Des déclarations de bonnes intentions, si l’on peut dire, pour masquer, dans le vain calcul de sauver la mise à Biden alors que la campagne pour l’élection présidentielle a commencé, une politique belliciste qui s’oppose à tout cessez-le-feu.

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn