En 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes dont elle était à l’initiative, Clara Zetkin, militante du parti social-démocratie allemand, proposait que « les femmes socialistes de tous les pays organisent tous les ans une journée des femmes », militant pour que le mouvement socialiste intègre le combat pour l’émancipation des femmes travailleuses car, expliquait-elle, « L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. C'est seulement dans la société socialiste que les femmes comme les travailleurs accéderont à la pleine possession de leurs droits ».

En mars de l’année suivante, un million de femmes manifestaient en Europe.

Le 8 mars 1917, à Saint-Pétersbourg, les ouvrières descendaient dans la rue à l’occasion de cette journée et appelaient les travailleurs à les rejoindre pour exiger du pain et la paix. Une journée qui allait être la première d’une révolution dont une des premières décisions a été d’accorder le droit de vote aux femmes. En octobre 1917, Alexandra Kollontaï, membre de la direction du parti bolchevik, devenait commissaire du peuple, première femme ministre de l’histoire. Et en 1920, la Russie allait être le premier pays au monde à légaliser l’IVG.

L’ampleur inédite prise par la crise écologique, notamment par la crise climatique, rend nécessaire d’intégrer cette question au débat stratégique sur la perspective d'une transformation révolutionnaire de la société. L'urgence de la question que soulignent, année après année, les rapports de plus en plus alarmants des milieux scientifiques, comme les conséquences dramatiques déjà largement visibles à travers le monde, peuvent même conduire à penser qu'il faut en faire non seulement une question centrale mais la priorité et l’urgence absolue.

En réalité, la vraie discussion est celle des réponses à apporter ou, plus précisément de savoir quelles transformations sont nécessaires pour que l’humanité soit à même de répondre à cette question dont l’urgence ne fait aucun doute. Cela signifie discuter de comment nous analysons les causes de cette crise, comment elle s’intègre à notre critique du capitalisme et quelles réponses nous pouvons mettre en avant du point de vue de la lutte des classes, en toute solidarité mais surtout en toute indépendance des différents courants de l’écologie politique.

Ainsi, dans le cadre du Congrès de la IVème internationale, deux textes sur la crise écologique étaient en débat, tous les deux se revendiquant de la démarche écosocialiste et posant le problème de cette articulation entre la critique du capitalisme et les luttes écologiques.

Jeudi 15 février, le gouvernement a rendu public le rapport Spinetta sur la SNCF, véritable déclaration de guerre contre les cheminots. Une campagne de presse s’en est suivie, dénonçant leurs « privilèges », comme s’ils étaient responsables de la dette de la SNCF, estimée à 46 milliards fin 2017.

Cette fameuse dette profite pourtant à de vrais privilégiés… D’abord aux banques, puisque depuis les années 80, l’Etat a fait reporter ses investissements ferroviaires sur la SNCF, obligée de s’endetter à sa place. Aujourd’hui, les seuls intérêts s’élèvent à 1,7 milliard d’€ par an ! Vinci en profite aussi avec la bonne affaire de la LGV. Sa filiale Lisea, qui a apporté un tiers des investissements, dont une grosse partie par des emprunts garantis par l’Etat et RFF, s’approprie aujourd’hui toutes les recettes de la nouvelle ligne Paris-Bordeaux par des « péages » particulièrement couteux à la SNCF : soit un déficit de 90 millions d’€ rien que sur le 2nd semestre 2017 !

Maintenant, le gouvernement et Spinetta présentent la facture aux salariés, en commençant par remplacer deux des trois établissements publics qui composent la SNCF par des sociétés anonymes. La première, Mobilités, pour attirer les opérateurs privés ; la deuxième, Réseau, pour faire payer la dette aux cheminots et aux usagers.

Nous publions le texte proposé par Jakob, (membre du CI et de la direction de l'ISO, section allemande), Yvan (membre du CI, de la direction du NPA et de la section française) pour le 17ème congrès de la IVe Internationale et défendu par les camarades proches de DR et membres de la IV.

Tournant dans la mondialisation libérale et impérialiste

1) 2016, avec le Brexit et l'élection de Donald Trump, la chute d'Alep reconquise par les troupes du dictateur sanglant Assad avec le soutien de la Russie et la complicité des grandes puissances de la coalition, marque le début d'un tournant dans la mondialisation libérale et impérialiste.

La bourgeoise avait tenté de construire un mythe de la « mondialisation heureuse » où le marché apporterait la démocratie, la paix et le bien-être, mensonge et poudre aux yeux dont Obama se voulait l’expression. Ce mythe s'effondre. Jusqu'au début du XXIe siècle, les progrès technologiques combinés à une prolétarisation massive par la ruine de la paysannerie dans les pays dits émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil ont fait baisser les coûts de production et alimenté la machine à profit, le casino de la finance. Mais cela au prix d'un endettement généralisé et d'une bulle financière « exubérante ». L'anticipation des profits donnait lieu à une spéculation effrénée.

L'accident était inévitable, la crise des subprimes aux USA en a été le déclencheur.

Complexification des conventions salariales, écarts croissant entre les catégories de salarié-e-s, dispositions collectives de moins en moins protectrices, pas de réduction globale du temps de travail... Les points négatifs de l’accord salarial 2018 dans la métallurgie pèsent vraiment lourd.

Qu’y a-t-il dans l‘accord ?

Pour les mois de janvier à mars, 100 € en un seul versement, soit moins de 1 % de la rémunération moyenne dans la métallurgie. A partir du 1er avril, les salaires augmenteront de 4,3 %. En juillet 2019 au plus tard aura lieu le versement d‘un « supplément de 27,5 % d’un salaire mensuel ». S’y ajoute un fixe de 400 €. Celui-ci sera « intégré à la grille en 2020 et pris en compte par la convention dans le volume de l’augmentation additionnelle ». Il en résultera donc une modification du barème des rémunérations, ce qui entraînera un relèvement un peu plus important pour les catégories les plus basses. Un tout petit plus.

Mais le premier hic apparaît avec le fixe de 400 € : en cas de « mauvaise situation économique », l’entreprise peut, avec l’accord de l’IG Metall, repousser le paiement, le diminuer ou même le supprimer complètement. Dans le passé, tant en ce qui concerne les augmentations que la réduction du temps de travail, nous avons déjà connu un nombre incalculable de telles concessions de la part de l’IGM. L’accord dit « de Pforzheim » de 2004 avait donné ce droit aux « partenaires sociaux » (délégués au Comité d’entreprise et direction) de déroger à l’accord régional, ce qui a pas mal contribué à rendre les conventions collectives poreuses.

Depuis une quinzaine de jours, une fraction de la jeunesse lycéenne et étudiante conteste la réforme du bac et de l’accès à l’Université. En fonction des villes, quelques centaines ou milliers de jeunes ont participé aux Assemblées générales dans les facs, des lycées, et manifesté, en particulier les 1er et 6 février. Derrière des banderoles « Non au tri sélectif de la jeunesse », « L’éducation n’est pas une marchandise, l’école n’est pas une entreprise », « Tu veux vraiment te battre ? Souviens-toi il y a 50 ans, mai 1968-mai 2018 »… c’est bien plus qu’une réforme qui est contesté.

La jeunesse, qui était à l’origine et avait donné sa dynamique au mouvement contre la loi El Khomri, reprend l’initiative. Au-delà des lycéens et des étudiants, le mouvement touche aujourd’hui des enseignants dont les syndicats ont appelé aux journées d’action, et il fait écho chez les travailleurs, dans les familles. Même si la mobilisation n’en est qu’à ses débuts et s’il est difficile de dire quels en seront les développements, ce mouvement change le climat. Au-delà de l’opposition à la régression sociale et démocratique que constituent ces réformes, le mouvement exprime la révolte profonde d’une large fraction de la jeunesse contre un monde de plus en plus insupportable.

Le congrès du NPA s’est déroulé le week-end dernier à Saint-Denis. Nous y avons défendu les axes politiques définis dans le texte de la plateforme que nous avions initiée avec nos camarades de la Fraction l’Étincelle, « Une orientation pour relancer la construction du NPA dans la classe ouvrière et la jeunesse ». Nous nous sommes adressés à tous les délégués, comme dans les AG préparatoires nous nous étions adressés à l’ensemble des militants, en soumettant à la discussion une déclaration de fin de congrès. Il s’agissait de nous rassembler sur des points que tous sont censés partager : contre l’offensive des classes dominantes et de Macron, avoir une politique pour aider aux mobilisations ; amplifier le frémissement social que nous connaissons en agissant pour que les travailleurs prennent en main leurs affaires face à la politique de collaboration des grandes confédérations syndicales ; combiner construction des mobilisations et construction du NPA pour préparer l’inévitable affrontement.

La répression et les menaces du pouvoir ont réussi à contenir la révolte qui a secoué, depuis le 28 décembre, plus d’une soixantaine de villes d’Iran. Plus de 25 morts, 3 700 arrestations dont une très grande majorité de jeunes, le pouvoir théocratique en place a réagi avec une brutalité proportionnelle à ses inquiétudes. La répression donne la mesure de la détermination et du courage des révoltés. Le Guide de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé : « Ces derniers jours, les ennemis de l'Iran ont employé divers moyens, argent, armes, politique, appareil de renseignement, pour fomenter des troubles dans la République islamique.[...] Le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles et aux hors-la-loi ». Les « ennemis de l'Iran » étaient tout désignés -les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Arabie saoudite- « les Saoudiens recevront de l'Iran une riposte inattendue.[...]Une fois de plus, notre pays dit aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à ceux qui cherchent à renverser de l'étranger la République islamique d'Iran, qu'ils ont échoué et qu'ils échoueront encore à l'avenir ». Quant à Trump, « Il doit réaliser que ces épisodes extrêmes et psychotiques ne resteront pas sans réponse »…

Le discours antiaméricain dénonçant le complot fomenté de l’étranger vient justifier la répression et ne convainc que les soutiens acquis au pouvoir.

Au cours des dernières décennies, le capitalisme a établi son règne sur l’ensemble de la planète, celui de la concurrence et de la recherche effrénée du meilleur rendement possible pour ses investissements. Cette concurrence généralisée se traduit par une guerre économique entre grands groupes, entre États qui les soutiennent, pour les marchés, le contrôle des matières premières. Elle entretient la montée du militarisme, la multiplication des menaces d’affrontements entre puissances, et fait qu’une multitude de régions du monde vivent en état de guerre depuis parfois plusieurs dizaines d’années.

La concurrence règne également dans les relations sociales, entre les travailleurs sur un marché du travail désormais international. Elle est mise à profit par les capitalistes et leurs serviteurs, politiques, propagandistes de toute sorte, pour imposer leur loi, tenter de détourner la révolte sociale sur le terrain de la xénophobie, du racisme, encourageant toutes les discriminations, de genre, sexistes, etc. Et comme cette politique du bouc émissaire ne suffit pas, ils se préparent à l’affrontement de classe en renforçant l’arsenal juridique et répressif, organisant un profond recul des droits démocratiques dans les sociétés dites « démocratiques ».

Après l’année de commémoration de l’Octobre 1917 ou de ce qu'il serait plus juste d'appeler la vague révolutionnaire d’après la première guerre mondiale, 2018 sera l’année de la commémoration de 68, ou de ce qu'il serait aussi plus juste d'appeler l’apogée de la contestation du capitalisme impérialiste au lendemain de la seconde guerre mondiale. En effet, la première façon de minimiser la portée d'un moment révolutionnaire est de l’amputer de sa dimension internationale, d’en faire un événement national voire local. C’était outrancièrement faux pour la révolution russe ramenée par l'idéologie dominante à « un accident russe ». C’est tout aussi caricatural pour Mai 68 qui ne s’explique et ne se comprend que comme un moment particulier d’un mouvement international impulsé par les révolutions dans les pays coloniaux, le mouvement noir aux USA, la révolution hongroise de 1956 ou la révolte ouvrière à Berlin en 1953 contre la dictature stalinienne, la révolte de la classe ouvrière et de la jeunesse des pays riches…

Et nous ne pouvons discuter sérieusement de ce que nous voulons faire de cette année 2018 que si nous la comprenons d'un point de vue internationaliste -la mondialisation n’est pas que financière et économique, elle est aussi sociale et politique- et que si nous l'inscrivons dans l'histoire, la continuité de notre combat. Les dates anniversaires nous y contraignent, 2017, 2018, l'occasion d'affirmer et de construire nos filiations, nos fidélités, notre propre continuité, nos perspectives...

Comprendre le présent, préparer l'avenir c'est d'abord comprendre l’histoire, notre propre histoire.

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