Nous avons souhaité revenir sur l’histoire de notre courant, sa contribution à la lutte pour l’unité des révolutionnaires, à travers une sélection de textes qui sont autant d’éléments de bilans et de discussion sur les évolutions du capitalisme, de la situation sociale et politique, du mouvement ouvrier ainsi que du mouvement révolutionnaire qui ont façonné les coordonnées de la période actuelle.

La scission au sein du NPA tourne une page. Il ne s’agit pas simplement d’un nouvel épisode de la crise chronique du mouvement révolutionnaire mais d’un symptôme aigu de cette crise. Confrontés à cette situation nouvelle, il nous a semblé indispensable de revenir sur les années qui ont vu la naissance de notre courant, sa fusion avec la Ligue communiste révolutionnaire puis la fondation du NPA jusqu’à son explosion. Indispensable pour nous afin d’avoir une appréciation de notre politique au regard de la situation actuelle et être en mesure de la reformuler au regard des tâches nouvelles qui s’imposent à nous, aux militant.es du NPA toutes tendances confondues et à l’ensemble du mouvement révolutionnaire.

Le spectacle de la coupe du monde de football occupe la une, à grand renfort de commentaires et de cocoricos ridicules, voire franchement détestables quand ils encouragent des activistes d’extrême droite à s’attaquer à des Marocains et à manifester aux cris de « dehors les Arabes » comme ils l’ont fait dans plusieurs villes le soir du match France-Maroc. Le nationalisme et le chauvinisme nourrissent le racisme.

Quant à Macron, il a fait le voyage au Qatar, où les dirigeants politiques sont passés maîtres dans l’art de la corruption, pour tenter de capter la sympathie que peuvent susciter les joueurs de l’équipe de France arrivés en finale. Il le fait à compte personnel et pour servir sa politique au service d’une minorité capitaliste parasite qui pille le travail de la grande majorité de la population.

On le voit sur la question des salaires, des attaques contre les chômeurs, la santé et l’éducation, tous les services publics qui devraient répondre aux besoins de la population du pays.

Le congrès du NPA n’a pas réussi à empêcher l’irresponsable projet scissionniste de sa plus grosse fraction, celle animée par des militant.es de la IV° Internationale, l’ancienne majorité. Cette scission, coup de force contre les militant.es du NPA, constitue une véritable exclusion de celles et ceux qui ne partagent pas l’orientation mise en œuvre par cette dernière. Celle-ci parle avec une légèreté cynique de « séparation ». Elle tente de donner une légitimité à sa démarche qui a bafoué le choix majoritaire clairement exprimé durant les AG préparatoires au congrès. Peu lui importe, sa préoccupation est d’avoir les mains libres pour mener sa politique « unitaire » en direction du nouveau réformisme, le populisme de gauche de LFI et de la Nupes, trouver une place à la marge de la gauche institutionnelle.

Ce coup de force est la conclusion logique de l’orientation politique mise en œuvre depuis le dernier congrès liquidant le projet du NPA pour aller vers sa transformation en section française de la IV alignée sur la politique des partis dits « larges ». Minorité de direction à l’issue du congrès précédent en 2018, ayant réussi à s’imposer d’abord comme « majorité de direction », majorité toute formelle, elle est devenue majoritaire après avoir poussé dehors les camarades de Révolution permanente, premier effet de son offensive contre les fractions et courants déclarée ouvertement il y a plus de deux ans. Ce processus pour prendre et garder la main sur le NPA a abouti au coup de force bureaucratique du congrès. Après avoir censuré tout débat réel en plaçant la discussion, comme la vie interne du NPA, depuis des mois sous la menace, le chantage à la scission ou à la « suspension » des fractions, elle a mené à terme le processus en excluant les autres courants du NPA sommés de se soumettre ou de se démettre.

Alors que le gouvernement entretient un climat de peur en brandissant la menace de coupures d’électricité, lundi 5 décembre s’est ouvert le débat parlementaire sur le projet de loi visant à accélérer la production d’énergies renouvelables. Il y a urgence ! L’Etat français, déjà condamné pour son retard en matière de lutte contre le réchauffement climatique, est aussi mis à l’amende de 500 millions d’euros par l’UE pour ne pas avoir atteint ses objectifs en 2020 de 23,7 % de part d’énergie renouvelable dans la consommation globale d’énergie.

Cela n’empêche pas Macron de multiplier les annonces qui, derrière le bluff, indiquent bien la direction : « La France doit être la première nation à sortir des énergies fossiles avant 2050 », a-t-il déclaré la veille. « Investir, simplifier les règles et accélérer les projets, car, au fond, la clé, sur le climat comme sur l’attractivité, c’est la vitesse. »... Vitesse pour offrir cette manne des énergies renouvelables aux industriels du secteur !

Or, si entre deux recours au 49-3, le gouvernement a pu parfois compter sur le soutien de la droite voire du Rassemblement national pour faire adopter ses textes, cette fois devant leur hostilité, il a impérativement besoin pour ce projet de loi du soutien ou au moins de la neutralité des différentes composantes de la Nupes, de la FI, du PCF, du PS et des écologistes.

Macron a passé 3 jours la semaine dernière en Amérique pour, selon ses termes, répondre au « besoin de resynchroniser les agendas américain et européen » sur le plan économique. Il prétendait vouloir convaincre son « ami » Biden de faire une exception pour l’économie européenne dans la guerre commerciale qu’il mène au nom de Wall Street. L’industrie européenne subit en effet de plein fouet les conséquences de l’offensive protectionniste du capitalisme US, en particulier celles du plan « Inflation Reduct Act » (IRA) voté en août dernier par les parlementaires américains, 420 milliards de dollars d'investissements, dont 369 pour le climat, financés par l’Etat en direction de l’industrie « made in USA ».

Alors que Macron se pavanait à la Maison blanche, imbu de lui-même et flatté d’être reçu par Biden, tout en tentant vainement de dénoncer l’agression économique des USA contre leurs propres alliés européens, contre « son ami » Macron, pour la 7ème fois en quelques semaines, la première ministre déclenchait le 49.3 pour, cette fois, l’ « adoption » définitive du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Et pendant que Macron, quelque peu ridicule, espère amadouer Biden, son gouvernement poursuit obstinément une politique qui s’inscrit dans cette folle concurrence mondiale pour y défendre les intérêts du grand patronat, de la finance contre le monde du travail et la population.

Le PLFSS, en continuité avec les politiques sanitaires passées, ne peut qu’amplifier la faillite du système de santé désormais incapable de répondre aux besoins de la population. Urgences saturées, hôpitaux et médecine de ville submergés par les épidémies saisonnières, bronchiolite, grippe, Covid… personnels épuisés et sous-payés, manque abyssal de lits, de matériel, de médecins, d’infirmiers et autres personnels, déserts médicaux… rien dans le PLFSS ne peut apporter un début de réponse ! Borne n’en a pas moins déclaré « à l’issue de l’examen du texte, et à quelques jours du terme du délai constitutionnel, je regrette à nouveau, comme je l’ai déjà fait, que les positions soient restées figées. Et que malgré les avancées, chaque groupe d’opposition ait réaffirmé sa volonté de s’opposer au projet de loi, quoi qu’il contienne, quel qu’il soit », justifiant le passage en force « constitutionnel » du 49.3, un concentré de la Vème République et de ses institutions et constitution, taillées sur mesure pour que les gouvernements au service des classes dominantes gouvernent.

« Debout les damnés de la terre ! »... Quand nous écrivions, fin octobre, à propos du renforcement du pouvoir de Xi Jinping « les dictatures peuvent provoquer les crises politiques les plus aiguës, quand les luttes pour les libertés et les droits démocratiques rejoignent les luttes sociales... Le spectre de la révolution est bien là », on ne voyait pas encore cette perspective prendre vie comme depuis deux semaines, des milliers d’ouvrier·e·s et d’étudiant·e·s défiant le pouvoir en chantant l’Internationale !

La modification par décret des conditions d’indemnisation du chômage en fonction de la conjoncture économique a été présentée, lundi dernier, par le ministre du travail Olivier Dussopt. « Simple, utile, lisible » selon le Medef, les patrons applaudissent à une réforme qui s’attaque directement aux indemnités des chômeurs et vise l’ensemble des travailleurs en contribuant à diminuer le coût du travail. Après avoir durci les conditions d’accès et diminué les allocations avec la réforme entrée en application le 1er octobre qui avait conduit à une baisse de 43 % des indemnités pour 40 % des assurés, Macron s’attaque maintenant à la durée d’indemnisation. Le décret prévoit de la moduler en fonction du taux officiel de chômage, loin de la réalité, dans le but fallacieux de « mieux protéger en cas de retournement conjoncturel ».

Étrange perversion ! En effet, à partir du 1er février, lorsque le taux de chômage sera inférieur à 9 %, et qu’il n’aura pas connu de progression supérieure à 0,8 point sur un trimestre, la situation sera considérée comme bonne. La durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi sera réduite de 25 %, en respectant une durée minimale de 6 mois. A l’inverse, si le taux de chômage est supérieur à 9 % ou en progression de 0,8 point sur un trimestre, alors la situation économique est considérée comme dégradée, et les règles actuelles font leur retour.

A son dixième mois depuis le 24 février, la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine n’a eu d’autre résultat que des souffrances inouïes pour la population ukrainienne et pour les soldats des deux armées. L’état-major russe a ordonné le 9 novembre le retrait de ses troupes de la rive droite du Dniepr, évacuant tout à fait au sud du pays la ville de Kherson, dans laquelle l’armée ukrainienne est entrée triomphalement le 11 novembre et abandonnant les territoires que l’armée russe avait occupés à partir du 24 février. Contraint par la contre-offensive ukrainienne à renoncer - provisoirement ? - à ses plans d’invasion, Poutine a ordonné le bombardement des villes ukrainiennes, des tirs de missiles meurtriers, qui détruisent les infrastructures indispensables à une vie normale, privant les civils d’eau et d’électricité. Près de la moitié des infrastructures énergétiques ont ainsi été mises hors d’état, 10 millions d’Ukrainiens, le quart de la population restée dans le pays, puis 6 millions, ont été privés d’électricité et de chauffage alors que les températures commencent à baisser très fortement avec l’arrivée de l’hiver et qu’elles pourraient atteindre jusqu’à - 20° dans certaines régions. Poutine espère par cette politique de terreur sinon réduire la population à sa merci par le froid et la famine du moins sauver la face si on peut dire et avoir les moyens de continuer une guerre qu’il est incapable de gagner.

Il ne faut pas « politiser le sport » a déclaré Macron devant le tollé suscité par la coupe du monde de football au Qatar, alors que la France a été le meilleur soutien de l’Emirat dans cette affaire… jusqu’à l’envoi de 220 gendarmes pour épauler les flics de cette dictature féroce contre les migrants, les femmes, les LGTBI !

Un soutien qui a commencé dès le vote pour la candidature du Qatar en 2010 : lobbying, corruption, voilà les méthodes du football du fric, mêlant Sarkozy alors président, Platini patron de l’UEFA, sur fond de reprise du PSG par un fonds d’investissement Qatari !

Une profonde colère s’exprime au travers du boycott de ce Mondial, tant il apparaît comme le symbole même du parasitisme du capitalisme financier, exploitation sans limite où tout s’achète, s’exploite, se gaspille et se sacrifie à la démence du capital, les hommes comme la nature.

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