Contribution aux discussions au sein du NPA-R
La séquence des élections européennes puis des législatives précipitées voulues par Macron pour tenter un coup d’État électoral lui permettant de sortir de l’impasse et de la paralysie d’un gouvernement sans majorité présidentielle rejeté par la majorité de la population débouche sur une crise politique majeure. Convoquer à marche forcée des élections législatives après le succès du RN aux européennes revenait à faire le choix ou au moins le calcul risqué de gouverner avec une majorité d’extrême-droite, calcul qui liquidait la minorité présidentielle à moins que la propagande contre les extrêmes réussisse le miracle de lui redonner suffisamment de force pour qu’elle puisse devenir le centre d’une coalition gauche-droite dont Macron aurait été le président bonapartiste arbitrant les extrêmes, RN et LFI.
Après l’avertissement électoral, en réponse à la mascarade parlementaire, faire vivre notre démocratie, celle de la lutte et de la révolte pour changer le monde
Macron, après avoir mis en déroute sa propre majorité, envisagé de gouverner avec Bardella Premier ministre et le RN avec lequel ses amis organisaient des dîners mondains, aujourd’hui rejeté et sans majorité, rêve encore de jouer au chef de la nation au-dessus des partis. En vol vers des sommets plus lointains, celui de l’Otan à Washington, il s’est adressé au bon peuple de France pour tenter de convaincre qu’il dirigeait encore… Une lettre, chapelet de formules toutes faites et de mots creux, dans laquelle, sans rire, il invite les « forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines » à « bâtir une majorité solide », « une majorité nécessairement plurielle » annonçant qu’il nommera un nouveau Premier ministre lorsque les partis auront construit des « compromis » ce qui suppose de leur laisser « un peu de temps »… Attal reste donc Premier ministre tout en devenant chef du groupe parlementaire Renaissance avant d’être peut-être démissionné mardi prochain...
Le plus cynique de l’affaire est que le même Macron a convoqué des législatives pour, disait-il, « redonner la parole au peuple » mais de toute évidence le verdict populaire ne lui plaît pas, donc il joue le pourrissement accusant, en même temps, les députés de sa propre minorité de donner un « spectacle désastreux » ! Un vrai boss !
L’OTAN, coalition militaire des vieilles puissances impérialistes occidentales, poursuit la guerre pour leur hégémonie mondiale
Alors que l’armée israélienne sommait la population de Gaza City, des centaines de milliers de Palestiniens, de quitter la ville pour y mener de nouvelles attaques dévastatrices au sol, s’ouvrait à Washington un nouveau sommet de l’Otan à l’occasion du 75ème anniversaire de celle-ci. Créée en 1949 contre l’ancienne URSS, l’Alliance atlantique rassemble aujourd’hui 32 États occidentaux qui mènent une guerre par procuration contre la Russie par peuple ukrainien interposé. Étaient invités au Sommet également, les dirigeants de plusieurs pays de l’Indo-Pacifique, Japon, Corée du sud, Australie, Nouvelle Zélande qui contribuent à l’effort de guerre ukrainien et que les États-Unis entraînent dans leur croisade contre la Chine.
Malgré la mascarade politicienne, la mobilisation électorale fait reculer le RN, elle a besoin d’une perspective indépendante contre la réaction et leur République du capital
A l’heure où paraît notre lettre, les estimations donnent une majorité simple au Nouveau front populaire, le RN et « ses brebis galeuses » sont envoyés dans les cordes et Macron prend une nouvelle baffe. Tant mieux. De nouvelles tractations, marchandages, manœuvres s’ouvrent au sein de ce petit monde parlementaire pour trouver une issue à leur propre crise, peut-être une majorité de coalition, nous verrons. Une chose est certaine, la crise latente qui explose à l’issue de la séquence électorale des européennes prolongées par les législatives voulues par Macron pour tenter de se hisser au-dessus du chaos que sa propre politique a produit ne pourra trouver de réponse ni du côté de l’extrême droite ni des dits républicains qui ont sauvé leurs sinécures.
La défaite du RN sur le terrain électoral n’est pas le résultat de la tambouille parlementaire mais bien du fait qu’il existe une large fraction du monde du travail, des femmes, de la jeunesse qui, malgré leur dégoût des politiciens de droite et de gauche, ont utilisé leur bulletin de vote contre lui. Leur prise de conscience s’approfondit et s’approfondira en réponse à la poursuite de l’offensive réactionnaire que le prochain gouvernement ne manquera pas d’orchestrer et en rupture avec les partis institutionnels.
Pas une voix pour le bloc réactionnaire Macron-Bardella et leurs alliés ! Construisons nos solidarités de classe pour défendre nos droits, en finir avec un système failli
Après une campagne délétère dominée par la collusion de ladite majorité présidentielle et du RN avec la complicité d’une partie du NFP contre LFI, calomniée d’antisémitisme, au nom de la lutte contre les extrêmes orchestrée par Macron qui se prépare à gouverner avec le RN, la logique réactionnaire se renforce dans la foulée des Européennes.
A l’heure où paraît notre lettre hebdomadaire, nous ne possédons que des estimations dont les projections pour le deuxième tour laissent penser que le RN pourrait avoir une majorité relative voire absolue mais en fonction de la mobilisation électorale forte et du caractère incertain des reports de voix, le pire n’est pas sûr, rien n’est joué.
Après le ralliement de Ciotti, il améliore son score alors que Zemmour s’effondre et que la majorité présidentielle et LR surnagent difficilement. Il pourrait avoir une majorité absolue à l’issue du deuxième tour. Le Nouveau Front populaire, miné par ses propres rivalités, a permis aux vieux chevaux de retour de la gauche de faire un peu mieux que sauver la mise sans être capable de créer une dynamique en sa faveur.
Contre Macron-Bardella, sans compter sur le Front populaire, Contre le nationalisme, la guerre et le capitalisme, Prenons le parti des travailleur.es, votons révolutionnaire !
Alors que la chronique des alliances, des retournements et des règlements de compte continue d’alimenter la vie du monde politicien parlementaire et ses rivalités pour les places, le bloc réactionnaire Macron-Bardella répand sa haine des classes populaires. Le double jeu de Macron a cédé la place à une campagne en écho de celle du RN utilisant les mêmes mots et flattant les mêmes préjugés racistes, un Macron tellement déconsidéré que ses propres ministres font campagne sans lui voire contre lui.
Un fait divers odieux où se mêlent violences sexuelles et racisme, antisémitisme a déclenché une campagne abjecte au nom de la lutte contre l’antisémitisme accusant celles et ceux qui dénoncent la guerre génocidaire d’Israël d’être responsables du climat délétère qui conduit des jeunes à de tels actes insupportables. Ce sont bien ces accusateurs démagogues qui portent la responsabilité de la décomposition sociale et politique en cours, eux qui soutiennent le génocide de Netanyahou lequel justifie les massacres contre le peuple palestinien en se revendiquant d’une « guerre de civilisation », guerre de l’Occident contre le monde arabe. Eux qui, en Ukraine aussi, se revendiquent de la défense de l’Occident pour justifier leur guerre par procuration qui sacrifie le peuple ukrainien à la défense de leurs propres intérêts.
En Nouvelle-Calédonie, onze militant·es du CCAT ont été arrêté·es dont le leader du mouvement à l'origine du légitime soulèvement contre la réforme du corps électoral incarcéré en Métropole ainsi que 6 de ses camarades dans la sinistre tradition de la répression coloniale. Darmanin-Macron qui disent défendre le droit des peuples nient les droits des kanaks à l’autodétermination, au nom de la défense de la France et de l’Occident dans le pacifique !
Contre Macron-Bardella, face au Front populaire, nous rassembler pour préparer l’affrontement contre le capital et ses serviteurs !
La Blitz-campagne de Macron est donc ouverte, la marche forcée vers un état de décomposition parlementaire inédit, une crise politique qui suscite un renouveau politique au sein du monde du travail et de la jeunesse, des prises de consciences qui bousculent les rapports de force et pourraient annoncer une crise générale, sociale et politique majeure. Les mobilisations de la jeunesse ainsi que les manifestions de samedi, loin d’être sous contrôle du Front populaire que convoite Hollande, pourraient en être les signes avant-coureurs.
En début de semaine, trois jours après son coup d’État électoral, Macron s’est à nouveau accaparé les médias pour tenter de donner un sens à sa brutale manœuvre politicienne inattendue. Sans surprise, sa décision n’a qu’un sens, lui et sa volonté de sauver son pouvoir en réaffirmant sa politique antisociale et réactionnaire annonçant « une autorité républicaine à tous les étages »… Il va jusqu’au bout de ses ambitions bonapartistes rêvant de construire une union nationale autour de sa personne pour au final jouer au jeu de massacre parlementaire, flattant les peurs et les fantasmes, opposant les dits extrêmes, le RN et LFI qualifiée d’extrême gauche « antisémite et antiparlementaire », appelant à la fois les électeurs de LR à désavouer Ciotti qui a « fait un pacte avec le diable » et ceux du PS et de Glucksmann à désavouer le Front populaire. Sous couvert de clarification, Macron a ouvert un jeu de massacre parlementaire liquidant sa propre majorité puis LR alors que Reconquête explose... Il prétend s’élever au-dessus des partis et se retrouve dans le marais parlementaire de droite pris en tenaille entre le bloc réactionnaire des patriotes et le Front populaire au risque de se retrouver dans la fange du RN dont il prétend protéger la nation.
Derrière le chaos militariste et politique, la menace de krach ou la nécessité d’un programme démocratique et révolutionnaire
« Le choc de la dissolution fait vaciller le CAC40, baisser l’euro et bondir les taux français » titrait Les Echos lundi 10. La réaction brutale de Macron à un résultat électoral clairement annoncé depuis des semaines perturbe le petit monde de la finance… Après deux jours de baisse, le CAC40 s’est repris avant de redescendre cette fin de semaine à son niveau le plus bas depuis février dernier, entraînant dans sa baisse les autres bourses européennes tandis que les taux des emprunts d’Etat à 10 ans subissaient une brutale augmentation. Les « investisseurs » sont manifestement dans l’expectative. Ce qu’ils craignent n’est pas une cohabitation Macron-Bardella ou Macron-Front populaire, mais l’instabilité politique et sociale qu’engendre leur politique, aggravée par l’effondrement de Macron auquel ils ne voient pas d’alternative.
Face au coup d’État électoral de Macron allié à Bardella-Le Pen, rassembler, organiser le camp démocratique et révolutionnaire des travailleurs
Hier soir, après la déroute de sa majorité Macron a décidé de répondre positivement à la demande de Bardella de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives pour le 30 juin et le 7 juillet prochain. Ce coup de force électoral prétend raviver un axe républicain face à la vague d’extrême droite, il ne fait que renforcer le RN.
Le discrédit de la droite et de la gauche gouvernementale avait accouché de Macron prétendant faire barrage à Le Pen pour finir par rivaliser avec elle en faisant sa politique. D’Attal à Bardella, il n’y avait plus qu’un pas... Le pas est franchi, du moins pour Macron qui poursuit sa politique de caméléon opportuniste prétendant dans la même intervention vouloir s’opposer au RN et défendre l’Europe face à la régression populiste en convoquant des élections à marche forcée dont l’issue la plus probable est une cohabitation, une alliance gouvernementale avec le RN.
Au-delà, de la farce macronienne qui atteint un degré pour le moins caricatural et inattendu s’exprime dans cette pantalonnade une logique politique et sociale que Macron saisit pour son propre intérêt, l’évolution réactionnaire des partis parlementaires et, sous la pression de la politique du CAC 40 et des guerres d’Ukraine et d’Israël, d’une large fraction de l’opinion, dont la gauche se fait aussi le relais tant sur l’immigration qu’à propos de la guerre.
Macron en déroute au profit de l’extrême droite, un avertissement
Macron aura eu beau accaparer les trois jours de fin de campagne sur les médias, mobiliser Biden et Zelensky, il n’aura pu éviter, même si nous n’avons encore que des estimations, la déroute de sa majorité, déroute d’autant plus cinglante que les abstentionnistes restent majoritaires au sein des classes populaires, parmi les femmes et la jeunesse. Et ce soir encore il continue sa campagne...A l’opposé, tout ce que cette société fondée sur les privilèges et les inégalités compte de conservateurs, de bourgeois craintifs et réactionnaires s’est mobilisé pour soutenir les partis de l’ordre. Et si Macron est lourdement sanctionné et ne leur inspire plus confiance pour faire face au désordre engendré par leur propre système, à l’image des Bolloré and co, ils se sont mobilisés en faveur de la droite extrême et de l’extrême droite.
La gauche bourgeoise et nationaliste peut se féliciter du score du va-t-en guerre Glucksmann ou LFI qui a rencontré un écho au sein des classes populaires, mais ils ne peuvent masquer leur impuissance à faire face à la vague d’extrême droite alors que celle-ci est, pour une large part, la conséquence de leurs reniements et de leur intégration à l’ordre établi, aux institutions qui servent celui-ci qu’elles soient nationales ou européennes.



